Dimanche 10 février 2008 7 10 /02 /Fév /2008 23:35
Les troubles alimentaires : comme une dépendance à une drogue
Une entrevue avec Vincent Dodin, psychiatre

 
Les troubles alimentaires - manger trop, trop peu, de façon compulsive, irrégulièrement ou avec culpabilité - qu'ils soient graves ou légers, s'apparenteraient le plus souvent à une dépendance à une drogue, une substance ou une activité. C'est du moins l'opinion de Dr Vincent Dodin, psychiatre, professeur agrégé de psychiatrie et spécialiste des dépendances. Au Centre hospitalier Saint-Philibert de Lille, en France, où il travaille depuis plus de 20 ans, il a mis au point, avec son équipe, une méthode multidisciplinaire pour soigner les troubles alimentaires.  
   
RÉSEAU PROTEUS - Puisqu'il n'y a pas de drogue en cause, pourquoi dites-vous que les troubles alimentaires sont des dépendances?
 
Dr Vincent Dodin - Il y a d'abord une grande similitude de comportements. On sait par exemple que, chez les gens qui souffrent de troubles alimentaires, le fait d'avoir à suivre un rythme alimentaire normal génère de grands inconforts, très semblables à ceux que vivent les gens en manque de cigarette ou de drogue. Ensuite, quand le manque ressenti est comblé - en mangeant ou en ne mangeant pas, selon le cas -, la personne ressent un soulagement profond, mais de très courte durée. Les boulimiques disent clairement que, lorsqu'ils doivent attendre le soir pour faire leur crise, c'est-à-dire enfin s'empiffrer, elles sont tendues comme le cocaïnomane qui cherche sa dose. La tension disparaît dès qu'elles se mettent à manger, mais ce soulagement est rapidement suivi de sentiments comme le dégoût, la culpabilité, la honte, la dépression. Ce qui traduit le caractère pathologique du problème.  
 
Mais, plus encore, chez tous, il y a cette incapacité à reconnaître et à tolérer les besoins normaux, ceux de faim ou de satiété. Ces personnes ressentent en permanence la nécessité de « saturer » leurs besoins.  
 
D'autre part, à la base de toutes les « addictions », ou dépendances, se trouvent des problèmes de dépendance affective qui, comme les troubles alimentaires, sont actuellement en croissance.
 
RÉSEAU PROTEUS - Qu'est-ce qui serait à l'origine de cette croissance des dépendances?
 
Dr Dodin - Nous vivons dans une société qui produit tout ce qu'on peut désirer, même avant qu'on ait désiré quoi que ce soit. La consommation est devenue outrancière. C'est ce que, dans notre livre, ma co-auteure et moi appelons, une « société placentaire ». Une société qui nourrit les individus en permanence, qui les gave de toutes sortes de façons : divertissements, jeux, biens de consommation, confort, aliments, tout! Nous sommes, peu ou prou, des toxicomanes de la consommation.  
 
Et la transformation des rôles parentaux depuis quelques dizaines d'années a joué un rôle décisif à cet égard. Les parents ont créé des enfants-rois, très dépendants de la sollicitude exagérée des adultes qui les entourent. Ces enfants n'ont pas pu apprendre et intégrer certaines limites que nous devons tous intégrer pendant notre croissance. À compter de l'adolescence, ces liens de dépendance qu'ils ont ainsi établis étant enfants évoluent vers toutes sortes de types de dépendances, alimentaires ou autres.  
 
Le problème se complique d'autant que nous vivons dans une société permissive où les codes stricts ont disparu. Or, le processus de l'alimentation possède ses lois naturelles qui sont nécessaires à la santé. Un trouble alimentaire, justement, c'est de ne pas pouvoir respecter ces lois. J'ajouterais même que le manque de réflexion dont font preuve nos gouvernements sur des questions essentielles comme la protection de l'environnement, qui lui aussi possède ses propres lois et limites, ajoute à la confusion. Notre société est « toxicomanogène » : elle favorise la toxicomanie, au sens très large du terme.
 
 
 
Qu'est-ce qu'un trouble alimentaire?
 
On qualifie de troubles alimentaires toutes sortes de rapports malsains avec la nourriture. Ils peuvent être graves et considérés comme de véritables maladies, ou bénins, mais néanmoins très débilitants.  
 
 
 
Dans la première catégorie, on classe les maladies graves que sont l'anorexie et la boulimie, qui se rencontrent parfois en alternance chez une même personne. L'anorexie va du refus de s'alimenter suffisamment à une restriction alimentaire intense.  
 
 
 
La boulimie est une attitude compulsive face à la nourriture, caractérisée par des moments de crise où la personne ingurgite des quantités phénoménales de nourriture, puis, dans la plupart des cas, tente d'éliminer ce trop-plein en provoquant des vomissements.  
 
 
 
Dans l'autre catégorie, on place les troubles alimentaires moins dramatiques à première vue, mais beaucoup plus répandus. Parmi ceux-ci, on retrouve les hyperphagies, qui sont divers comportements qui mènent à ingérer une quantité d'aliments disproportionnée avec ses besoins ou même avec son appétit, que ce soit en consommant trop de nourriture aux repas ou par grignotage continu. Les hyperphagiques recherchent en permanence la satiété, certains focalisant sur le sucré, d'autres sur le salé et d'autres encore sur les deux.  
 
 
 
Un autre trouble relativement fréquent est le comportement alimentaire chaotique. Il consiste en un dérèglement total des rythmes alimentaires, dérèglement qui empêche l'horloge biologique interne de réguler la faim et la satiété. Il donne lieu à des excès de toutes sortes.  
 
 
 
 
RÉSEAU PROTEUS - À votre avis, est-ce que l'augmentation de l'obésité qu'on observe partout en Occident est attribuable aux troubles alimentaires?
 
Dr Dodin - Oui, j'en suis convaincu. Si les gens maintenaient une hygiène alimentaire correcte, on ne verrait pas tant d'obésité. Il y aurait celle qui relève de problèmes médicaux, tels les désordres endocriniens, mais 85 % ou 90 % des cas d'obésité, actuellement, sont liés aux troubles alimentaires. La prévalence est plus forte en Amérique du Nord, mais l'Europe suit de près.
 
 
 
RÉSEAU PROTEUS - Quelles sont les conséquences des troubles alimentaires pour la santé?
 
Dr Dodin - Ce sont tous des problèmes sérieux, mais qui se manifestent différemment. On sait qu'un bon nombre d'hyperphages deviennent obèses; c'est donc dire qu'ils vont connaître une ou plusieurs maladies graves liées à l'obésité. Les anorexiques souffrent tous d'une déperdition osseuse susceptible de causer une ostéoporose sévère plus tard. Si la maladie commence tôt - vers 11 ans ou 12 ans, comme ça se voit parfois -, il y aura des retards de développement. Et, dans les pires cas, elle entraîne la mort par inanition. Quant aux boulimiques, ils souffrent d'irritation chronique de l'oesophage et de détérioration des dents, mais ce ne sont pas des problèmes gravissimes. Par contre, dans leur cas, la perte de potassium peut entraîner la mort par arrêt cardiaque.
 
 
 
RÉSEAU PROTEUS - Avec des collègues, vous avez créé un programme destiné spécifiquement aux personnes souffrant de troubles alimentaires graves. Quelles en sont les caractéristiques?
 
Dr Dodin - Il y a d'abord le volet médical, indispensable. Puis, le volet qu'on peut appeler psychosomatique, et qui comprend trois axes : psychodynamique, psychocorporel et cognitivo-comportemental. Le premier axe consiste à travailler sur l'histoire personnelle et familiale : comment la personne s'est construite au sein de sa famille, le type de relations qu'on y trouve, les traumatismes qu'elle a vécus... Il s'agit de découvrir ce qui fait que la vie de la personne est ce qu'elle est aujourd'hui. C'est crucial parce que, à mon avis, c'est dans l'histoire familiale que repose la clé du problème. Surtout dans l'histoire non dite. Forcément, dans plusieurs cas, la thérapie s'adresse non seulement aux patients, mais à leurs familles également.
 
L'aspect psychocorporel sert à reconstruire une image positive du corps; mieux : à retrouver un corps « ami ». Car, les personnes souffrant de troubles alimentaires détestent leur corps, en ont honte et veulent même, dans le cas de l'anorexie, le faire disparaître. Nous utilisons donc des moyens destinés à les remettre en contact avec des sensations physiques normales : fasciathérapie, massages ou exercices de psychomotricité, par exemple. Nous encourageons aussi d'autres façons d'entrer en contact avec son corps : les soins esthétiques, le Qi Gong, le jeu, la danse... Pour réussir une rééducation à la santé globale, il faut absolument tenir compte de ce volet.
 
RÉSEAU PROTEUS - Mais il faut également que ces personnes apprennent à manger correctement, à faire des activités physiques...
 
Dr Dodin - Tout à fait, et il s'agit d'une entreprise majeure! Parce que, chez les anorexiques, les boulimiques et les hyperphages, l'alimentation est une obsession qui occupe pratiquement tout le champ de la conscience : recherche de nourriture, subterfuges, camouflage, culpabilité, etc. Or cela consomme beaucoup d'énergie et de temps!  
 
Dans les cas extrêmes, il y a plein d'activités normales et saines que ces personnes n'ont jamais explorées et qu'elles sont complètement incapables d'accomplir : sortir avec des amis, fréquenter des lieux publics, faire du sport... Plusieurs ont développé des phobies comme la peur d'aller acheter des vêtements. Une fois que leurs symptômes ont été réduits, ça laisse un grand vide dans leur vie qu'il faut combler par des comportements plus adaptés. Sinon, c'est foutu.  
 
Quand on n'est plus enfermé chez soi, devant la télé, à manger en se disant qu'on est trop moche et trop stupide, il faut toute une démarche pour redonner du sens à son existence. L'idée de l'approche cognitivo-comportementale, justement, est de permettre l'expérimentation contrôlée de tout ce qui est bon, agréable et positif dans l'existence. Il est question, bien sûr, de rééducation nutritionnelle et d'activité physique, mais il faut également un important travail sur l'estime de soi et les nouveaux projets de vie.
 
 
 
Lucie Dumoulin - Réseau Proteus
 
 
Par Bulledespoir - Publié dans : TCA - Communauté : TCA libérons nous!!!
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Dimanche 10 février 2008 7 10 /02 /Fév /2008 21:08
Retour dans mon chez moi, traquille, à l'abri de tout...
Je m'y sens bien même si parfois c'est un peu difficile...
Comme pour tout ce qui fait partie de ma vie, il y à une ambigüité : je suis seule donc je suis bien, mais je suis seule donc je dois gérer.
Chez mes parents, je suis sans cesse sur le qui-vive, avec comme pression le fait de devoir bien me tenir, ne pas craquer, ne  pas me jetter sur la moindre miette de pain qui passe sous mon nez. Mais cette pression est bénéfique, elle ne m'effraie plus, car j'y arrive, je la gère... Surment en grande partie grâce au fait que malgré le climat familial plutôt tendu, je me sens entourée et aimée... Rouen est une sorte d'endroit où je souffle, un endroit où je me sens en sécurité face à moi-même.
Et puis il y à Paris, chez moi. 18 m2 qui représente ce que j'ai de plus cher, mon indépendance et ma liberté. Ici c'est mon endroit, ma vie. Ca m'appartient, personne ne le critique, c'est à moi.
Mais ici c'est aussi l'endroit où quand je vais mal tout peut prendre des proportions énormes. Parce que je suis seule et surtout que je me sens seule.
Malgré celà, j'adore être ici. Parce que pour la première fois de ma vie, je me suis prouvée que j'étais capable d'y arriver.
Par Bulledespoir
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Dimanche 10 février 2008 7 10 /02 /Fév /2008 16:15
En surfant sur le net, je suis tombée sur un site "pro-ana". Comme  toujours dans ce cas là j'ai tendance à lire puis à m'énerver, tant  ces sites prônent la connerie la plus profonde. Bref une fois encore je l'ai parcouru rapidement, et voici ce que j'ai trouvé :

Je suis Mia, c'est un joli nom n'est-ce pas? Oui, il est sympathique, on l'aime bien en général. Il est doux, chaleureux. C'est rond, plein. C'est court aussi, discret.
Mia, c'est moi.
Je suis discrète, on peut passer des années avec moi sans même me remarquer. D'ailleurs, tu l'as fait non? Et les autres, ils le font encore n'est-ce pas?
C'est normal, on ne me voit pas. Je sais être discrète, me dissimuler aux yeux des autres, et même aux tiens.Enfin c'était avant, ça. Avant que tu ne me reconnaisses. Maintenant, on va pouvoir se connaître mieux, beaucoup mieux.
Maintenant, tu vas pouvoir te rendre compte de tout ce que je suis et de toute l'ampleur que j'ai prise dans ta vie. De tout l'espace que j'ai pu m'approprier, grappiller au fil du temps, quand tes yeux étaient encore fermés.
J'ai grandi dans l'ombre, je me suis développée, je t'ai observée. J'ai découvert ce que tu préférais, tes faiblesses, les moments où je pourrais surgir pour te réconforter. Mais j'ai pu étudier les autres aussi, ceux qui t'entourent. Les milles et unes façons de les berner, de leurs jeter de la poudre aux yeux. Mais c'est tellement simple! Ils sont pires que ce que tu étais. Eux, ils ne veulent pas voir. Toi, tu ne savais simplement pas.
Ceci dit, plus le temps passait plus tu sentais ma présence. Biensur tu ne me distinguais pas encore. Tu as mis du temps, tu t'es même, un moment, tournée vers ma sœur Ana. Ana, je la connais très bien aussi. On se ressemble mine de rien. On se ressemble même plus qu'on le dit et qu'on le voit. Le problème avec Ana, c'est qu'elle se fait remarquer. A un moment ou a un autre, elle devient trop…voyante.

Heureusement, ce n'est pas mon cas.
C'est d'ailleurs pour ça qu'on en est là toi et moi.
Toi non plus tu n'aimes pas qu'on te regarde pas vrai? Tu as honte en fait. Tu sais qu'on ne verra que le fait que tu es bourrée de défauts et que tu n'es pas à la hauteur. C'est pour cela que tu te caches.
Mais grâce à moi tu as appris d'autres façon de te cacher, pas vrai?
Et puis, moi, je sais te consoler, te réconforter. Quand tous les autres te délaissent, te laissent tomber, te déçoivent, te rabaissent, te rappellent que tu n'es rien, que tu ne vaux rien, que tu ne sais qu'échouer, moi je suis là.
Et je ne te quitte pas.
Je suis là tout le temps, tout le temps. Même la nuit. Même à une heure du matin quand le sommeil te fuit, je suis là.
Maintenant que tu me connais, que tu sais qui je suis, je vais t'apprendre.
T'apprendre que maintenant que je suis là, tu ne me délogera pas si facilement. T'apprendre que je me suis ancrée jusqu'au plus profond de toi, et que je ne te quitterai pas. Jamais.
Même quand tu croiras avoir gagner, que mes consolations ne te tenteront plus, je serai toujours là, dans l'ombre à attendre. Comme j'ai attendu jusqu'ici, comme j'ai attendu avant.
Tu sais que jamais on ne me quitte? Demande aux autres, elles te le diront.
Mia, c'est pour la vie.

Ta fidèle,

Mia




Je ne suis pas pour la personnification de l'anorexie ou de la boulimie, je trouve celà ridicule. Une pathologie n'est pas quelque chose de vivant, et même s'il existe une ambigüité dans l'anorexie et la boulimie (grossir mais guerrir ou rester maigre mais dans la maladie), il n'en reste pas moins que l'anorexique est une personne à part entière, et que personne d'autre ne vient dans son esprit.
Mais à revenir à cette "lettre", elle est tout de même criante de vérité bien qu'effroyable. La boulimie c'est ça. Ca ne se voit pas, mais c'est une maladie dont on ne guérit jamais.
C'est ainsi : à n'importe quel moment, pour n'importe quel stress, la boulimie se manifeste. J'ai appris à vivre avec, à dompter d'une certaine façon mes pulsions. Mais je sais que la moindre contrariété, angoisse, peur, relance la "machine". J'en ai besoin, ca me rassure, je m'y sens bien... Pour me sentir encore plus mal après... Cercle sans fin...
La question c'est : pourquoi est ce que moi j'ai ça ?
Par Bulledespoir - Publié dans : TCA - Communauté : Notre combat au quotidien
Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires
Vendredi 8 février 2008 5 08 /02 /Fév /2008 10:45
Je ne te comprends pas, tu ne me comprends pas.
On ne se comprendra jamais.
Ca ne sert plus à rien de parler, de toute façon tu n'écoutes pas ce que je te dit.

Il y à des milliers de choses à la seconde qui me traversent l'esprit, tant de mots que j'aimerai que tu saches, que tu comprennes, que tu entendes, mais à quoi bon...
Discuter ? Aucune chance, ca se finira comme d'habitude, avec larmes et sentiments de culpabilité des deux côtés, chacune de nous restant sur ses positions.
Ce dont je rêverais moi c'est que tu ranges ton orgueil, celui là même que tu cries ne pas avoir. Tu sais, celui qui fait que jamais tu ne t'excuseras d'avoir dit des choses horribles et déplacées, ou encore celui qui fait que quand moi je te demande pardon (parce que ta tyrannique de fille s'excuse d'être ce qu'elle est) tu es encore capable de m'envoyer promener. D'après toi qui s'écrase comme une carpette devant l'autre ? Les humiliations de ta part j'en ai eu plus d'une,  et c'est ça pour moi le chantage affectif : tais-toi ou je te massacre avec des paroles (que je suis certaine qu'au fond tu ne penses pas vraiment) et je te fais la gueule. Quand j'étais petite, je ne supportais pas, maintenant je suis triste, mais je suis aussi blasée et exténuée.

Alors voilà, je suis fatiguée de me battre, contre toi, contre moi, contre le monde entier. Je ne te reproche rien, je t'aime c'est tout, avec ce que je suis, mon caractère, ma mauvaise humeur chronique et mon bordelisme. Je t'aime de toute mon imperfection, de mon mal de vivre, de mon existence de merde. Je t'aime au point de rester en vie pour ne pas te faire de mal, alors que celà fait des années que je pense ne rien avoir à foutre sur terre, et que je n'ai aucun espoir d'être un jour un minimum heureuse. Ma vie sera une galère perpetuelle, je le sais. Et comme dirais Guillaume Cannet dans "Ensemble c'est tout", je te trouve injuste. Est ce que c'est de ma faute si tu as rencontré mon père et si tu n'as pas eu la vie que tu avais rêvé ? Est ce que c'est de ma faute si par manque de couilles il se planquait dans le placard quand la famille débarquait ? NON. Moi mon seul tort c'est d'être tombée malade quand j'avais 16 ans et de ne jamais avoir réussi à m'en sortir. Tu sais ce qu'est ma vie ? Ma vie c'est la balance, le frigo et la cuvette des chiottes. Ma vie c'est rien, je ne suis rien. Alors je te le dis tout net, si tu continues à m'agresser comme ça je ne te parlerais plus.

Je ne guérirai jamais. Si tu veux que l'on s'entende quand même, il faut que tu l'acceptes, que tu m'acceptes comme je suis. Que tu acceptes que je puisse encore et toujours chercher à comprendre pourquoi j'en suis arrivée là, sans forcément penser que je juge ou que je reproche quoi que ce soit à qui que ce soit. La paix avec les autres je l'ai faite depuis longtemps, c'est la paix intérieur que je n'ai jamais trouvé.

Pour la dernière fois, je n'ai rien à te reprocher, sauf peut être de comprendre tout de travers. Tu n'es pas responsable de ce que je suis devenue, ni du fait que je sois malheureuse, ni du fait que je sois pessimiste et négative. Pas plus du fait que je sois malade. Je le sais, tu le sais, pas besoin de culpabilité. Au même titre que tu n'es pas responsable de ma couleur de cheveux, tu n'es pas responsable d'une probable déficience hormonale qui me rend dépressive depuis ma plus tendre enfance. Mais ce n'est pas la peine d'en rajouter en me reprochant de ne retenir que le mauvais côté des choses, ce qui revient à me reprocher d'être tout simplement ce que je suis. Je porte déjà ma croix, je n'en ai pas besoin d'une autre, merci bien. Je voudrais pouvoir vivre sans avoir à culpabiliser d'être ce que je suis. Je me déteste déjà suffisament, pas la peine de cumuler.

J'ai toujours autant besoin de toi, de ton amour, de ta fierté à mon égard, pour avancer. Parce que même si dans dix ans, quand tu me demanderas de quoi je me souviens de cette dernière décénnie je te répond "de la fois où tu m'as engueulé pour une part de fromage allégée" ou encore de cette énième dispute à propos d'une chose aussi conne que les souvenirs, il n'empêche que j'aurai probablement survécu grâce à ce que tu me donnes de toi, c'est à dire le meilleur. Et que je garderais au fond de moi les bons moments. Bien sûr que je me rappelerai aussi des fois ou tu seras venue chez moi, à Paris, passer une soirée ou une journée, bien sûr que je me souviendrai des vacances au ski, de mes 20 ans, des après-midi dans Rouen, et des verres pris ensembles quand j'étais toute seule, etc... Mais bien sûr aussi que ceux ne sont pas celà qui viendront en premier, parce que c'est comme ça, je suis comme ça.

Je suis incapable de m'aimer toute seule, voilà pourquoi je t'en demande autant. Je ne suis pas un monstre et je suis consciente d'être un puit sans fond. Mais il me semblait aussi te le rendre, il faut croire que non.

J'ai peur qu'un jour tu ne m'aimes plus, j'ai sans arrêt cette impression d'être en surcis, pour tout. Je n'acceptes pas tes remarques parce qu'elles me blessent, c'est comme si tu me répétais sans cesse que je n'étais pas à la hauteur, pas digne de ton amour. Et c'est usant. Toujours prouver que je ne suis pas une merde, pour finalement m'apercevoir que je ne serais jamais parfaite. Même si c'est dans ma tête, c'est ainsi que je vis les choses. Et savoir que ce n'est pas la réalité ne change rien.

Je suis profondément désolée de ne pas être simple et joyeuse. Je n'y peux rien c'est comme ça. J'aurai aimé pouvoir te faire plaisir et te rendre heureuse en étant bien dans mes pompes, dans ma vie, mais ce n'est pas le cas, et je n'espère plus que celà le soit un jour. Ce que je ne comprends pas c'est qu'il semble que moi je m'y sois fait alors que toi non. C'est pourtant moi qui vit mon calvaire.
Toi tu vis le tiens; je ne m'en sens pas responsable pour autant. Je suis juste éperduement triste pour toi.

En clair, c'est un peu ça que je te demande : d'être malheureuse pour moi ( je dois dire que ça me rassure, le contraire prouverait que tu n'en as rien à foutre), mais pas le droit de penser que c'est de ta faute. Parce que cette pensée m'empêche de parler, de respirer, m'empêche d'être moi-même. Cette culpabilité fait que l'on doit toujours prendre des gants lorsque l'on s'adresse à toi, de peur de ré-ouvrir les cicatrices. Et c'est explosif car à force de contrôler la pression monte. Si tu ne te sentais pas responsable, je pourrais te dire que je ne me souviens que du pire, tu serais triste pour moi, mais ca ne te toucherai pas autant. On éviterai donc bon nombres de conflits aussi débiles qu'inutils.

Enfin bref, je pense, j'écris mais...
Je ne sais même pas si tu liras ces lignes, alors...
Je peux toujours espérer que oui, mais je ne me fais pas d'illusions pour autant, celà ne changera rien...
Au moins je suis soulagée de les écrire.

Et les mots de la fin seront donc toujours le même en ce qui me concerne : Je t'aime plus que tout, malgré tout.
Par Bulledespoir
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Mercredi 6 février 2008 3 06 /02 /Fév /2008 11:25
En temps normal être malade ne me dérange pas trop, il s'agit d'attendre 2 ou 3 jours et ça passe. De plus c'est toujours une bonne excuse pour faire un break entre les cours, ce qui n'est pas toujours désagréable.
Bref, mais là, comme je suis (à mon habitude  !) une très grande chanceuse, la grippe m'a fortement ennuyé et donner une pointe de stress supplémentaire puisque m'a rendu incapable d'assurer sur mon lieu de stage. Bien entendu, ca ne pouvait pas s'arrêter là, il a fallu que je me choppe derrière une belle angine et une rhino-pharingyte.
Bon. Normal.

Mais le pire, c'est que ça perturbe mon rythme. Et le temps presse. Il ne me reste que quelques jours avant de rentrer et mon objectif n'est pas atteint.
Je refuse de rentrer comme ça. Il ne me restait qu'un petit kilo à perdre pour atteindre mon objectif. Ca m'angoisse, ca m'obsède. Le garder ce foutu kilo, c'est échouer, encore et toujours. J'étais bien repartie, je ressentai de nouveau cette espèce de jouissance du self-contrôle, d'y arriver enfin. Non je ne compte pas aller trop loin et je connais l'engrenage, mais là c'était magique. Et bam il m'a fallu cette p*** de grippe. Et bam une angine de surcroit. Et bam je n'ai plus aucune discipline, je mange ce que je peux quand j'en ai envie, sans compter ni même faire attention, et en déculpabilisant en me répétant que pour se soigner il faut un apport protéique augmenté et un apport d'AGE suffisant.  Bien Bibi, tu connais ta leçon...


Faites vos jeux... Rien ne va plus... Ca c'est sûr !!!!!!
Par Bulledespoir - Publié dans : TCA - Communauté : Notre combat au quotidien
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Dimanche 3 février 2008 7 03 /02 /Fév /2008 11:08
Je suis furieuse contre moi-même. Je viens de remarquer qu'une fois de plus je me suis faite avoir comme une bleue !
Ainsi donc les cours comme l'expérience ne m'apprennent rien et je ne me méfie jamais.
J'aime suçoter des bonbons lorsque je travaille. C'est discret et cela permet de changer le goût pateux que j'ai dans la bouche vu que je ne mange pas/peu.
L'autre jour en allant faire les courses, je m'arrête donc au rayon bonbons. Comme je suis en période restrictive, je cherche les "sans sucre", que je trouve rapidemment en bout d'étalage. Le choix n'est pas folichon, j'ai goûté ceux aux fruits (absolument immondes !), je connais les réglisses (pas mauvais du tout mais il y en à peu dans le paquet), et je tombe sur des "caramels durs". Le choix est fait, je les attrape aussitôt en salivant par avance. Je rentre chez moi, et là je regarde l'étiquettage (chose que bien sûr je devrais faire dans le magasin !). Horreur !!! Ces abrutis d'industriels nous prennent vraiment pour des pigeons. Bien sûr ils ont remplacé une partie du sucre par des polyols, mais ils ont mis des lipides ! Ces foutus bonbons comptent plus de 10% de MG ! Et moi pauvre andouille qui n'a même pas été foutu de regarder avant d'acheter...
Je me retrouve donc avec des bonbons gras, et pas de bonbons sans sucre. Hé m.... !

Par Bulledespoir
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Dimanche 3 février 2008 7 03 /02 /Fév /2008 10:44
Voilà, il ne reste plus qu'une petite semaine, et ce premier stage sera terminé. A peine le temps de prendre ses marques, que c'est déjà l'heure de partir.
Comme à chaque changement, j'ai peur. J'ai hâte de retrouver mon chez moi, Paris, mes amis.
Mais les cours me hantent, je sais que j'ai raté mon BTS blanc, et je ne suis pas préssée du tout pour que l'on me rende mes notes. Je vais être couverte de honte et de ridicule.  Je me répète cette scène dans ma tête à longueur de temps : on me rend ma copie, j'ai 2, on me hurle dessus, on me dit que je n'ai pas assez travaillé (mais si ils savaient !), et je pique un far avant d'éclater en sanglot. Quelle honte !
Un pressentiment me dit que ça se passera exactement comme ça.
Et puis l'année avance, bientôt se sera la soutenance blanche à passer, j'en ai des nausées par avance.
Pfff... Mais pourquoi j'ai choisi une filière aussi difficile, pourquoi ?????

Par Bulledespoir
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Jeudi 31 janvier 2008 4 31 /01 /Jan /2008 18:34
Je déteste la violence, sous toutes ces formes.
Je ne comprends d'ailleurs pas  pourquoi ca éxiste.
Je ne comprends pas non plus ceux qui la pratiquent.
La violence pour moi, c'est tant des gestes que des mots balancés pour faire mal.
La colère n'excuse en rien un accès violent.
Je ne pardonne jamais la méchanceté gratuite.

J'ai appris à me blinder contre cette méchanceté.
Au sein même de ma famille j'en fais parfois les frais.
C'est tellement simple de s'attaquer à moi...
Pas besoin de chercher loin  pour savoir ou ca va faire mal.

Je m'en contre -fou maintenant, mais je ne pardonne pas.
Et je n'oublie pas.
Par Bulledespoir
Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires
Dimanche 27 janvier 2008 7 27 /01 /Jan /2008 15:49
Elle disait "j'ai déjà trop marché,
Mon cœur est déjà trop lourd de secrets,
Trop lourd de peines"
Elle disait "je ne continue plus,
Ce qui m'attend, je l'ai déjà vécu.
C'est plus la peine"
Elle disait que vivre était cruel
Elle ne croyait plus au soleil
Ni aux silences des églises
Même mes sourires lui faisaient peur
C'était l'hiver dans le fond de son cœur
Elle disait que vivre était cruel
Elle ne croyait plus au soleil
Ni aux silences des églises
Même mes sourires lui faisaient peur
C'était l'hiver dans le fond de son cœur
Le vent n'a jamais été plus froid
La pluie plus violente que ce soir-là
Le soir de ses vingt ans
Le soir où elle a éteint le feu
Derrière la façade de ses yeux
Dans un éclair blanc
Elle a sûrement rejoint le ciel
Elle brille à côté du soleil
Comme les nouvelles églises
Mais si depuis ce soir-là je pleure
C'est qu'il fait froid dans le fond de mon cœur
Elle a sûrement rejoint le ciel
Elle brille à côté du soleil
Comme les nouvelles églises
Mais si depuis ce soir-là je pleure
C'est qu'il fait froid dans le fond de mon cœur

F. Cabrel

Par Bulledespoir - Communauté : Les écorchés vifs
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Samedi 26 janvier 2008 6 26 /01 /Jan /2008 17:23

La rapidité ou la lenteur du temps qui passe  est décidément bien histoire de relativité.
Il suffit de passer un week end dans son lit, sans pouvoir se lever, mais sans dormir non plus, pour que la fin de semaine passe au ralenti (contrairement à d'habitude ou je trouve que le week end est trop court !).

L'ennui me gagne donc, et au même titre que la culpabilité, il ne vient jamais seul, mais accompagné lui aussi de ses compères tristesse et TCA.

Je n'ai rien d'autre à faire que de cogiter (ce qui d'ailleurs me donne mal au crâne) et ce qui me vient naturellement à l'esprit concerne évidemment la nourriture et tout ce qui s'ensuit.

J'ai calculé mon IMC ce matin, chose que je ne voulais plus faire tant le résultat me faisait mal. Je suis donc repassée bien en dessous des 20, ce qui aurait du me faire, en toute logique, extrêmement plaisir puisque celà faisait plus d'un an que ce n'était pas arrivé. Mais non, je me suis regardée dans le miroir juste après et le reflet m'a dit que rien n'avait bougé... Le problème reste donc toujours le même, je ne me vois pas.

Je déteste cette période de ma vie. Je ne sais plus qui je suis, ni où je vais, ni ce que je souhaite.
Le poids a toujours été mon repère, la balance mon horoscope. Mes émotions étaient plus ou moins dictées par la pesée du matin.
Mais celle ci a perdu de son pouvoir.
J'ai trop espérer reperdre du poids, juste un peu, pour être bien.
Et je suis retombée dedans, à vouloir aller toujours plus loin, toujours plus bas, pour essayer de trouver le bonheur.
Pourtant je sais qu'aucun poids ne m'apportera de satisfaction, encore moins la joie, la sérénité, l'amitié et l'amour que j'attends.

Je n'ai pas vraiment la sensation de me priver, mais plutôt la sensation d'avoir perdu le goût. Cette course à la perte de poids n'est peut être au final qu'un prétexte. Il est politiquement plus correcte de dire que l'on veut maigrir plutôt quel'on veut mourrir. Surtout si l'on est pas sure que ce soit vraiment ça non plus...

Par Bulledespoir
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires

Présentation

Profil

  • Bulledespoir
  • Le blog de Bulledespoir
  • Femme
  • musique santé psychologie alimentation mots
  • Je suis une jeune femme perdue depuis toujours. Je n'ai pas confiance en moi, ni confiance en la vie. Je ne sais ce que l'avenir me réserve, j'essaie juste de survivre chaque jour, avec l'espoir que demain me sourira enfin.

Catégories

Derniers Commentaires

Créer un blog gratuit sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus